Guides · Mis à jour en septembre 2026
15 jours, 1 mois, 3 mois sans alcool : ce que les études ont mesuré
Réponse courte : aucune des études lues pour cette page ne mesure ce qui change après 3, 10 ou 15 jours sans alcool chez des personnes sans trouble lié à l'alcool. Les mesures commencent à un mois.
La suite donne ce qui a été mesuré, ou déclaré par les participants, durée par durée. Chaque chiffre vient avec son périmètre : pays, nombre de personnes, consommation de départ, et la source où il figure.
En fin de page, un relevé à tenir soi-même pendant une pause : ce qui se mesure chez soi, ce qui se compte, ce qui se note, chaque ligne en face d'un chiffre cité ici.
Durée par durée : ce qui a été mesuré, chez qui
« Mesuré » veut dire relevé par un instrument : prise de sang, tensiomètre, balance. « Déclaré » veut dire répondu à un questionnaire. La différence compte pour lire chaque ligne.
| Durée | Ce qui a été mesuré | Chez qui | Mesuré ou déclaré | Source |
|---|---|---|---|---|
| 3, 10, 15 jours | Rien trouvé | — | — | — |
| 1 mois | Tension artérielle, poids, résistance à l'insuline, enzymes du foie | Royaume-Uni ; 94 personnes ont arrêté, 47 ont continué ; environ 25,8 verres standard par semaine au départ ; sans maladie du foie connue | Mesuré (prise de sang, tensiomètre) | Mehta et al., BMJ Open, 2018 |
| 1 mois | Sommeil, santé générale, énergie, concentration, poids, tels que ressentis | Royaume-Uni ; 1 715 répondants inscrits à Dry January 2018 | Déclaré (questionnaire) | de Visser et Lockwood, rapport 2018 |
| 3 mois | Consommation, en trois questions dont les réponses s'additionnent | France ; 1 886 participants au Défi de Janvier 2024 | Déclaré (questionnaire standardisé) | Rolland et al., 2026 |
| 6 mois | Jours avec alcool par semaine, quantité par jour ; santé, sommeil, énergie, concentration ressentis | Royaume-Uni ; 816 répondants | Déclaré (questionnaire) | de Visser et Lockwood, rapport 2018 |
| 8 à 9 mois | Consommation, mêmes trois questions ; part des répondants qui disent boire moins | France ; 1 886 participants | Déclaré ; pourcentage issu d'un communiqué | Rolland et al., 2026 ; Fédération Addiction, 2025 |
| Au-delà de 9 mois | Rien trouvé | — | — | — |
Un mois : mesuré par prise de sang et tensiomètre
Une étude britannique (Mehta et al., BMJ Open, 2018) a suivi 94 personnes qui ont arrêté l'alcool pendant un mois, et 47 qui ont continué comme avant. Étude observationnelle, non randomisée : chacun a choisi son groupe.
Le groupe qui a arrêté buvait 258,2 g d'alcool pur par semaine au départ, soit environ 25,8 verres standard français. Aucun participant n'avait de maladie du foie connue.
Pour entrer dans l'étude, il fallait dépasser 64 g par semaine pour un homme, 48 g pour une femme : plus de 6,4 et 4,8 verres standard.
Au bout d'un mois, dans le groupe qui a arrêté, la tension systolique (le chiffre du haut) a baissé de 6,6 %, la diastolique de 6,3 %. Le poids a baissé de 1,5 %.
L'insuline est l'hormone qui régule le sucre dans le sang. La prise de sang donne un indice de la résistance à cette hormone (HOMA) ; il a baissé de 25,9 %. Dans le groupe qui a continué, il n'a pas bougé de façon significative.
Deux enzymes du foie ont baissé : la gamma-GT de 28,6 %, l'ALT de 14,5 %. Une troisième, l'AST, a baissé de 5,4 %, sous le seuil de significativité que l'étude s'était fixé.
Ces chiffres sont des valeurs de groupe, avec une dispersion large. Pour la tension systolique, la moitié centrale des participants se situe entre −11,8 % et 0,0 % : chez certains, rien n'a bougé.
Un mois et six mois : déclaré par les participants
L'organisme britannique qui porte la campagne Dry January a fait évaluer l'édition 2018 par questionnaires en ligne (de Visser et Lockwood, université du Sussex, octobre 2018). 2 821 personnes ont répondu à l'inscription, 1 715 à un mois, 816 à six mois.
C'est un rapport de l'organisme, pas un article évalué par des pairs. Tout y est déclaré, et la comparaison se fait à l'intérieur de l'échantillon, sans groupe extérieur.
60 % des répondants disent avoir terminé le mois sans alcool. Parmi ceux qui ont bu, 73 % disent avoir bu moins que d'habitude les jours concernés, 24 % autant, 3 % davantage.
À un mois, sur 1 715 répondants, part d'accord : sommeil amélioré, 71,4 % ; santé générale améliorée, 69,7 % ; plus d'énergie, 67,2 % ; poids perdu, 57,4 % ; meilleure concentration, 57,1 %.
À six mois, sur 816 répondants, les notes de santé générale, de sommeil, d'énergie et de concentration restaient significativement plus hautes qu'à l'inscription. Les auteurs y lisent un effet maintenu, pas seulement temporaire.
Toujours à six mois, les jours avec alcool par semaine sont passés de 4,3 à 3,3, que la personne ait tenu tout le mois ou non.
La quantité par jour de consommation est passée de 8,6 à 7,1 « units » britanniques de 8 g. En verres standard français : environ 6,9 puis 5,7 (68,8 g puis 56,8 g).
Trois, huit et neuf mois : en France
En France, une enquête représentative auprès de 5 000 adultes (8-17 janvier 2024) estime à environ 4,5 millions les participants au Défi de Janvier 2024 (Frontiers in Public Health, décembre 2024). Parmi 4 075 personnes ayant bu dans l'année, 12 % ont participé.
La cohorte JANOVER, réalisée par Le Vinatier, a suivi 1 886 participants entre fin décembre 2023 et octobre 2024 (Rolland et al., International Journal of Drug Policy, 2026).
La consommation y est relevée par trois questions dont les réponses s'additionnent en un total : un questionnaire standardisé, que les chercheurs appellent AUDIT-C.
Ce total a nettement baissé à trois mois. À neuf mois, il restait sous son niveau de départ, malgré un léger rebond (d de Cohen 0,68 puis 0,57). La baisse est plus marquée chez les personnes que le questionnaire classait à risque au départ.
Le communiqué de la Fédération Addiction du 4 décembre 2025, co-organisatrice du Défi et co-autrice de l'étude, ajoute des pourcentages tirés de deux enquêtes auprès de cette cohorte : l'une en février, l'autre en octobre, huit mois après janvier.
À l'enquête d'octobre, sur 1 886 répondants : 58 % continuent de moins boire.
À l'enquête de février, à laquelle 2 123 personnes ont répondu, le communiqué rattache les bénéfices déclarés : 54 % constatent un mieux-être mental ; 42 % se sentent physiquement mieux ; 31 % dorment mieux ; 58 % se sentent plus confiants pour refuser un verre en société. Il ne précise pas si chacun de ces pourcentages porte sur l'ensemble de ces répondants.
Ces pourcentages viennent du communiqué, pas du résumé de l'article, qui ne publie que des tailles d'effet. Ce que « boire moins » veut dire n'y est pas défini. Les 1 886 répondants d'octobre concordent entre les deux sources.
La tension artérielle : la baisse dépend de ce qu'on buvait avant
Une méta-analyse de 36 essais cliniques, 2 865 participants dont 2 464 hommes (Roerecke et al., Lancet Public Health, 2017), relie la réduction de consommation à la tension artérielle. Le verre y vaut 12 g.
Au plus deux verres par jour, soit 24 g ou environ 2,4 verres standard français : réduire n'a pas été associé à une baisse significative de la tension.
Au-dessus de deux verres par jour, réduire est associé à une baisse. L'effet le plus net concerne les personnes à six verres ou plus par jour qui ont réduit d'environ moitié : −5,50 mmHg de systolique, −3,97 mmHg de diastolique.
Le sommeil : ce qui est mesuré, et ce qui ne l'est pas
Ce qui est mesuré concerne la nuit qui suit un verre, pas une pause.
Une revue des études par polysomnographie chez des volontaires sains (Ebrahim et al., 2013) la décrit ainsi : endormissement plus rapide, première moitié de nuit plus stable, puis plus de perturbations en seconde moitié.
Le sommeil paradoxal est retardé à toutes les doses et réduit aux doses moyennes et hautes. Cette revue ne dit rien de ce qui se passe après des semaines sans alcool.
Après une pause, aucune étude lue pour cette page n'a mesuré le sommeil avec un instrument (polysomnographie, actigraphie) chez des personnes sans trouble lié à l'alcool. Ce qui existe est déclaré.
À un mois, 71,4 % des répondants du rapport britannique disent dormir mieux ; à six mois, leur note de sommeil reste au-dessus du départ. En France, dans l'enquête de février, 31 % « dorment mieux » selon le communiqué de la Fédération Addiction.
Les calories
L'alcool pur compte 7 kcal par gramme dans la table Ciqual 2020 de l'Anses, le référentiel français de composition des aliments. Un verre standard, 10 g d'alcool pur, représente donc 70 kcal pour l'alcool seul ; dix verres, 700 kcal.
Dans l'étude britannique d'un mois, le poids a baissé de 1,5 % dans le groupe qui a arrêté (moitié centrale entre −2,9 % et −0,4 %). Dans le rapport Dry January, 57,4 % des répondants à un mois disent avoir perdu du poids ; c'est déclaré, pas pesé.
Ce qui n'a pas été mesuré
- 3, 10 ou 15 jours sans alcool : aucune mesure trouvée à ces durées chez des personnes sans trouble lié à l'alcool.
- Les enzymes du foie au-delà d'un mois : la baisse de gamma-GT et d'ALT est établie à un mois. Aucune source lue ne suit ces marqueurs à trois, six ou douze mois chez ces mêmes personnes.
- Le sommeil mesuré par un instrument après une pause : rien trouvé ; seules des réponses à des questionnaires existent.
- Au-delà de neuf mois : rien dans les sources lues pour cette page.
Avant d'arrêter
Sur son site, Alcool Info Service répond à une personne qui décrit une consommation importante et quotidienne depuis plusieurs années. Elle demande ce qu'elle risque en arrêtant d'un coup.
Dans ce cas, répond le service, arrêter net ou réduire fortement peut provoquer des troubles de l'humeur, du sommeil ou de la digestion. Ils passent le plus souvent en cinq à dix jours, mais peuvent, rarement, devenir graves.
Sa recommandation, pour cette situation : en parler d'abord à son médecin généraliste, avant d'arrêter. La page ne fixe pas de seuil chiffré.
Alcool Info Service répond au 0 980 980 930, de 8 h à 2 h, 7 jours sur 7. L'appel est anonyme et non surtaxé : le coût d'un appel local, ou inclus dans les forfaits.
Deux repères pour lire ces chiffres
Un verre standard contient 10 g d'alcool pur, quel que soit son contenu. À la maison comme au bar, la dose servie est souvent plus grande que ce verre de référence (Alcool Info Service, mise à jour du 21 mai 2024).
Les repères publics pour les adultes : au maximum 2 verres standard par jour, 10 par semaine, et au moins 2 jours sans alcool par semaine ; zéro pendant la grossesse.
Ce que vous pouvez relever vous-même, en face de ces chiffres
Les études ci-dessus relèvent avant, puis après. La même chose se fait chez soi, avec ce qu'on a, et le résultat se lit ensuite à côté du leur. Le relevé tient sur une feuille.
Pour une consommation importante et quotidienne, la réponse d'Alcool Info Service, à la section « Avant d'arrêter », passe avant tout relevé.
Un relevé personnel ne dit pas ce qui vous arrivera. Il dit où vous vous situez par rapport à un groupe qui a été mesuré, ou interrogé.
Deux relevés : avant la pause, puis à un mois
C'est le rythme de l'étude britannique : une mesure au départ, une à un mois. Deux relevés se comparent s'ils sont pris dans les mêmes conditions : même balance, même appareil, même moment de la journée.
| Ce qui se relève | Avec quoi | Avant | À un mois | Dans le groupe qui a arrêté (94 personnes) |
|---|---|---|---|---|
| Poids | Une balance | … | … | −1,5 % ; moitié centrale entre −2,9 % et −0,4 % |
| Tension, chiffre du haut | Un tensiomètre, s'il y en a un à la maison | … | … | −6,6 % ; moitié centrale entre −11,8 % et 0,0 % |
| Tension, chiffre du bas | Le même | … | … | −6,3 % |
| Résistance à l'insuline, enzymes du foie | Une prise de sang | — | — | Pas de ligne ici : ces valeurs ne se relèvent pas chez soi |
La différence entre les deux relevés, divisée par le relevé de départ, donne un pourcentage. C'est lui qui se lit en face de la dernière colonne.
Un poids ou une tension qui n'a pas bougé reste dans le groupe : pour le chiffre du haut, la moitié centrale des participants va jusqu'à 0,0 %.
Ce que vous buviez avant compte aussi. Le groupe étudié partait d'environ 25,8 verres standard par semaine ; pour entrer dans l'étude, il fallait dépasser 6,4 verres par semaine pour un homme, 4,8 pour une femme.
Pour la tension, dans les 36 essais cités plus haut, à environ 2,4 verres standard par jour ou moins, réduire n'a pas été associé à une baisse significative. Un départ bas se compare mal à ces chiffres.
Chaque semaine : ce qui se compte
La semaine d'avant donne le point de départ ; les suivantes, la pause elle-même. Un verre standard vaut 10 g d'alcool pur, et la dose servie est souvent plus grande que ce verre de référence : elle peut compter pour plus d'un.
| Semaine | Verres standard (10 g) | Jours sans alcool |
|---|---|---|
| Celle d'avant | … | … |
| 1 | … | … |
| 2 | … | … |
| 3 | … | … |
| 4 | … | … |
Ces deux colonnes se lisent en face des repères publics : au maximum 2 verres standard par jour, 10 par semaine, au moins 2 jours sans alcool par semaine.
Elles se lisent aussi en face du rapport britannique à six mois : 3,3 jours avec alcool par semaine au lieu de 4,3 et, les jours de consommation, environ 5,7 verres standard au lieu de 6,9.
Une semaine avec des verres reste dans le relevé. Dans ce même rapport, 60 % des répondants disent avoir terminé le mois sans alcool ; parmi ceux qui ont bu, 73 % disent avoir bu moins que d'habitude les jours concernés.
Chaque verre compté vaut aussi 70 kcal pour l'alcool seul, d'après la table Ciqual.
Chaque semaine : ce qui se note
Sommeil, énergie, concentration, santé générale : mieux, pareil ou moins bien qu'avant la pause. C'est du déclaré, comme dans le rapport britannique, et ça se compare à lui, à rien d'autre sur cette page.
| Semaine | Sommeil | Énergie | Concentration | Santé générale |
|---|---|---|---|---|
| 1 | … | … | … | … |
| 2 | … | … | … | … |
| 3 | … | … | … | … |
| 4 | … | … | … | … |
À un mois, sur 1 715 répondants : 71,4 % disaient dormir mieux, 67,2 % avoir plus d'énergie, 57,1 % mieux se concentrer, 69,7 % être en meilleure santé générale. Les autres ne l'ont pas dit ; « pareil » se note comme le reste.
Le sommeil noté ici ne se lit pas en face de la revue sur la nuit qui suit un verre : elle mesure une nuit, pas une pause.
À six mois, sur 816 répondants, ces quatre notes restaient au-dessus du départ. Un relevé qui continue après le mois a donc, lui aussi, un point de comparaison.
Sources
- Mehta G. et al., « Short-term abstinence from alcohol and changes in cardiovascular risk factors, liver function tests and cancer-related growth factors: a prospective observational study », BMJ Open, 2018 — texte intégral (PMC)
- de Visser R., Lockwood N., « Evaluation of Dry January 2018 », University of Sussex pour Alcohol Change UK, octobre 2018 — rapport (PDF)
- Roerecke M. et al., « The effect of a reduction in alcohol consumption on blood pressure: a systematic review and meta-analysis », Lancet Public Health, 2017 — texte intégral (PMC)
- Ebrahim I. O. et al., « Alcohol and sleep I: effects on normal sleep », Alcoholism: Clinical and Experimental Research, 2013, doi:10.1111/acer.12006 — résumé (Europe PMC)
- « Prevalence and characteristics of participants in Dry January 2024: findings from a general population survey in France », Frontiers in Public Health, 2 décembre 2024 — texte intégral (PMC)
- Rolland B. et al., « Change in alcohol consumption among French adults participating in Dry January: A 9-month prospective cohort study », International Journal of Drug Policy, 2026, doi:10.1016/j.drugpo.2026.105436 — résumé (Europe PMC)
- Fédération Addiction, « Dry January : la campagne de santé publique alcool la plus efficace revient en 2026 », communiqué du 4 décembre 2025 — federationaddiction.fr
- Alcool Info Service, « Les repères de consommation, qu'est-ce que c'est ? À quoi ça sert ? », mise à jour du 21 mai 2024 — alcool-info-service.fr
- Anses, « Table de composition nutritionnelle des aliments Ciqual 2020 », documentation, 7 juillet 2020 — documentation (PDF)
- Alcool Info Service, « Risque d'un arrêt brutal de consommation » — alcool-info-service.fr
- Alcool Info Service, « Nous appeler » — alcool-info-service.fr
Pour aller plus loin
Ces informations sont indicatives et ne remplacent pas un avis médical ; les résultats cités valent pour les groupes étudiés. Si votre consommation vous inquiète : Alcool Info Service, 0 980 980 930 (anonyme, non surtaxé). Contenus rédigés avec assistance IA, revus avant publication par l'éditeur.