Guides · Mis à jour en septembre 2026
Suivre sa consommation d'alcool : les critères pour choisir un outil
Réponse courte : avant l'outil, l'unité. En France, un verre standard contient 10 g d'alcool pur. Un outil qui reprend le barème américain compte 14 g par verre, le barème britannique 8 g : la même semaine s'écrit en trois nombres de verres différents.
Le reste se vérifie en une minute par critère. Verre servi, repère de comparaison, objectif, jours sans, totaux, jour au-dessus du plan, données : un carnet ou un tableur répondent aux mêmes questions qu'une application.
Application, carnet ou tableur : les mêmes questions
Ce guide ne nomme aucune application et n'en classe aucune. Il donne neuf critères, avec pour chacun ce qu'il change et comment le vérifier vous-même, avant de vous engager.
Les trois supports se valent s'ils répondent aux mêmes questions. Une application calcule à votre place ; un carnet oblige à écrire l'unité ; un tableur fait les deux, quand la formule est la vôtre.
1. L'unité de compte : 10 g, 14 g ou 8 g
En France, un verre standard, aussi appelé unité d'alcool, contient 10 g d'alcool pur, quelle que soit la boisson (ameli.fr, 27 juin 2025 ; Alcool Info Service, 21 mai 2024).
Aux États-Unis, le « standard drink » de l'institut national sur l'alcool (NIAAA, National Institutes of Health) vaut 14 g d'éthanol pur. Au Royaume-Uni, le NHS définit l'« unit » à 8 g, soit 10 ml (nhs.uk, page revue le 27 août 2024).
14 g, c'est 40 % de plus que 10 g. Un outil traduit de l'anglais peut garder le barème de son pays d'origine sans que le mot « verre », à l'écran, le dise.
| Barème | Un verre, c'est | 100 g d'alcool pur, c'est | Source |
|---|---|---|---|
| France, verre standard | 10 g | 10 verres | ameli.fr ; Alcool Info Service |
| États-Unis, standard drink | 14 g | 7,1 verres (100 ÷ 14 = 7,14) | NIAAA |
| Royaume-Uni, unit | 8 g | 12,5 unités | NHS |
Sur une semaine, l'écart se lit tout de suite. Dix verres saisis dans un outil qui compte le verre à 14 g donnent 140 g, là où dix verres standard français font 100 g.
À vérifier en une minute. Saisissez un verre de vin et cherchez le nombre de grammes affiché : dans l'écran de saisie, les réglages ou l'aide. 10 g, barème français ; 14 g, américain ; 8 g, britannique.
Aucun gramme nulle part : l'outil ne vous laisse pas vérifier. Dans un carnet, écrivez « 1 verre = 10 g » en haut de la première page.
2. Le verre servi n'est pas le verre standard
Le verre standard est une dose de référence, pas le verre que l'on tient. Chez soi comme au bar, les doses servies sont souvent plus grandes qu'un verre standard (Alcool Info Service, 21 mai 2024).
Servis comme au bar, une bière, un verre de vin et un verre de whisky contiennent chacun environ 10 g d'alcool pur (ameli.fr). Un grand verre rempli à la maison n'a pas cette garantie.
Ce guide ne donne pas de formule de calcul des grammes : les pages officielles citées donnent le résultat par boisson, pas l'arithmétique. Pour une bouteille ou un contenant inhabituel, ce sont leurs équivalences qui font référence.
À vérifier en une minute. Cherchez comment l'outil note un verre plus grand que la dose de référence : une taille, un degré, ou seulement « 1 verre ». Sans taille ni degré, l'écart entre servi et standard disparaît du compte.
Dans un carnet, notez la contenance à côté du verre.
3. Un repère public pour se situer
Depuis 2017, le repère français pour les adultes, hommes et femmes, tient en trois dimensions. Pas plus de 10 verres standard par semaine, pas plus de 2 par jour, et des jours dans la semaine sans consommation.
Il vient d'un avis d'experts mandaté par Santé publique France et l'Institut national du cancer. Santé publique France le décrit comme un repère qui vise à limiter les risques pour la santé (santepubliquefrance.fr).
Alcool Info Service le formule avec au moins deux jours par semaine sans alcool, et zéro alcool pendant la grossesse (alcool-info-service.fr). Sur la question d'un seuil sans risque, les positions publiées sont rassemblées dans ce guide.
Ce guide ne dit pas quel niveau viser. Le repère sert de point de comparaison : un total de semaine ne se lit pas sans une référence à côté.
À vérifier en une minute. Regardez à quoi l'outil compare votre semaine, et si vous pouvez changer cette référence. Si le repère affiché arrive avec un barème étranger, la comparaison porte sur une limite qui n'est pas celle de votre pays.
Dans un carnet ou un tableur, écrivez le repère choisi sur la même page que le total.
4. Un objectif que vous choisissez, un plan que vous pouvez changer
Réduire ou arrêter sont deux voies, pas deux étapes, et sans hiérarchie entre elles : l'une ne prépare pas l'autre. Un outil qui n'en propose qu'une ne convient qu'à l'une des deux.
Le plan change avec les semaines. Ce qui compte, c'est que le changement de plan ne touche pas à ce qui a déjà été noté : l'historique reste, le plan bouge.
À vérifier en une minute. Changez l'objectif, de réduire vers arrêter ou l'inverse, puis revenez au relevé. Si des entrées ont disparu ou ont été recalculées, l'outil confond le plan et le relevé.
Dans un carnet, le plan tient sur une page à part, le relevé sur les autres.
5. Les jours sans alcool, comptés comme tels
Le repère public compte trois choses, et la troisième est un nombre de jours sans consommation. Un outil qui traite un jour à zéro comme un jour non renseigné ne peut pas la mesurer.
Un zéro noté est une donnée. Une case vide est une absence.
À vérifier en une minute. Enregistrez une journée sans verre. Regardez si elle apparaît dans le relevé et dans le total de la semaine, comme un jour et non comme un trou.
Dans un carnet, écrivez le 0.
6. Des totaux que vous pouvez refaire à la main
Un total de semaine se vérifie avec une addition. Si le total affiché ne correspond pas à la vôtre, l'outil applique une autre unité ou un autre arrondi. C'est le moyen le plus rapide de retrouver le critère 1.
À vérifier en une minute. Additionnez les verres de la semaine sur un papier, puis comparez avec le total de l'outil, en verres et en grammes s'il les affiche. Dans un tableur, la formule est à vous ; dans un carnet, l'addition est le total.
7. Ce que l'outil fait d'un jour au-dessus du plan
Deux lectures existent, et ce guide ne tranche pas entre elles. Pour les uns, une série de jours tenus motive : le compteur qui monte est la raison de continuer.
Pour les autres, la même série pèse : un jour au-dessus du plan remet tout à zéro et transforme un écart en verdict. Même chose pour les conversions en argent ou en calories, un encouragement pour certains, un verre changé en dette pour d'autres.
Ce qui se vérifie, c'est ce que l'écran affiche ce jour-là. Laquelle des deux lectures vous porte, vous seul le savez.
À vérifier en une minute. Saisissez volontairement un jour au-dessus du plan et regardez l'écran : le total continue-t-il, un compteur repart-il de zéro, un message apparaît-il.
Dans un carnet, ce jour est une ligne comme les autres, sauf si vous en décidez autrement.
8. Les données : ce que dit la CNIL
Une application de « bien-être », par exemple pour mieux gérer sa santé ou son sommeil, peut collecter des données de santé au sens du RGPD.
La CNIL précise que cette notion est large et s'apprécie au cas par cas, selon la nature des données recueillies (cnil.fr, 8 janvier 2018).
Pour une telle application, la CNIL demande l'accord exprès de la personne, recueilli après l'avoir informée que des données de santé sont collectées. Cet accord ne peut pas être la case qui accepte les conditions générales d'utilisation (cnil.fr, 17 août 2018).
Trois questions restent à poser à l'outil, quel qu'il soit. Où restent les données, sur le téléphone ou sur un serveur ? Un compte est-il obligatoire, et le relevé s'exporte-t-il dans un format lisible ?
À vérifier en une minute. Au premier lancement, cherchez la demande d'accord pour les données de santé : une case à part, ou une seule case avec les conditions générales. Puis cherchez l'export dans les réglages.
Un carnet ne pose pas la question. Un tableur la pose selon l'endroit où le fichier est enregistré.
9. Quand un outil ne suffit pas
Un compte juste dit combien. Il ne dit pas quoi faire d'une consommation qui inquiète, et aucun des critères ci-dessus ne remplace une conversation.
Alcool Info Service répond au 0 980 980 930, de 8 h à 2 h, 7 jours sur 7 (alcool-info-service.fr).
L'appel est anonyme et non surtaxé. Il a le coût d'un appel local depuis un poste fixe, et il est compris dans les forfaits des box et des mobiles.
La liste de vérification
Neuf questions, une réponse par oui ou non. Elles s'appliquent à une application, à un carnet ou à un tableur.
- L'outil affiche les grammes, et un verre vaut 10 g.
- Je peux noter un verre plus grand que la dose de référence : une taille ou un degré.
- Le repère de comparaison est celui de mon pays, ou je peux le choisir.
- Réduire et arrêter sont proposés au même titre, et changer d'objectif ne réécrit pas le relevé.
- Un jour à zéro apparaît comme un jour, pas comme une case vide.
- Le total de la semaine correspond à mon addition.
- Je sais ce que l'écran affiche un jour au-dessus du plan, et cette lecture me convient.
- L'accord pour les données de santé est distinct des conditions générales ; je sais où restent les données et si je peux les exporter.
- Je sais qui appeler si compter ne suffit plus.
Pour aller plus loin
Ces informations sont indicatives et ne remplacent pas un avis médical. Si votre consommation vous inquiète : Alcool Info Service, 0 980 980 930 (anonyme, non surtaxé). Contenus rédigés avec assistance IA, revus avant publication par l'éditeur.